Didier Lucas, responsable de l’Espace pour Demain, estime que les éleveurs ont conscience depuis toujours des aspects bien-être de leur animaux. Mais œuvrer pour ces bonnes conditions à un prix.
« Quelles que soient les transitions, elles ne se font pas en un claquement de doigt. Modifier nos pratiques se programme aujourd’hui pour avoir des effets dans 10 ou 15 ans. Pour une transition, il faut une génération d’agriculteurs », estime Didier Lucas, responsable de l’Espace pour Demain, plateforme au cœur du Space qui abordera le thème « l’éleveur et ses animaux : un bien-être partagé ». En 2019, le Conseil économique et social reprécise qu’« il ne saurait y avoir de bien-être des animaux de production sans des conditions de vie et de travail satisfaisantes pour les êtres humains en charge de leur élevage, transport et abattage ». C’est dans cet esprit que les organisateurs ont construit l’Espace pour Demain 2021, pour cette nouvelle édition du Space.
Rémunérer les bonnes pratiques
Ce responsable rappelle que la profession, « n’a pas attendu la demande de la société pour élever les animaux dans un cadre de bien-être. Aucun agriculteur refuse d’aller vers ce bien-être si la rémunération lui permet de le faire. L’agriculteur s’adapte si on lui donne les moyens ; c’est un prix décent qui permet ces transitions. Mais est-ce que la société est prête à payer plus ? La responsabilité doit être partagée, le prisme du prix ne doit pas être la seule priorité. La grande distribution a aussi des responsabilités ».
Le président de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor n’occulte pas certaines formes de concurrence entre pays producteurs. « La Bretagne est en concurrence sur des marchés de masse. Nous avons besoin d’une vraie harmonie européenne, et non pas des différences ».
Plus de 50 ans d’actions positives
« Plus on impose de règles, plus on favorise les exploitations agricoles d’une certaine taille. Les petites structures ont plus de mal à anticiper les changements de marché. À maltraiter les éleveurs, on risque de les perdre », regrette Didier Lucas qui rappelle que, depuis 50 ans, les actions positives en faveur du bien-être sont « globalement méconnues de la majorité de la société ». Ces avancées s’illustrent par des meilleures ambiances générales, des salles ventilées avec prise en compte des teneurs en ammoniac, des bâtiments plus lumineux ou encore l’utilisation de paille dépoussiérée.