« En 2015, mon épouse est tombée malade. J’ai délaissé mon exploitation de 300 truies et 54 hectares. J’ai contacté la cellule Réagir quelques mois plus tard quand les difficultés étaient déjà bien présentes. Les premières réunions m’ont incité à embaucher un salarié autonome. Il prend en charge la reproduction (gestante, maternité). Je m’occupe plus particulièrement des post-sevrages, des engraissements et de la fabrique d’aliments. En 2020, les résultats techniques se sont améliorés. J’avais plus d’animaux à nourrir à une période où l’aliment (achats dans le voisinage et dans le commerce) était cher. J’ai arrêté les prélèvements privés et j’ai injecté de l’argent (économies) dans la société. En 2021, plusieurs réunions amiables ont été organisées avec les créanciers. L’ambiance était lourde, parfois houleuse. J’ai réalisé une étude de viabilité économique de l’élevage. Je me suis résolu, après avoir pesé les avantages et les inconvénients, à demander un redressement judiciaire, accepté en septembre 2021. Je ne voulais pas dilapider toute mon épargne en renflouant constamment l’entreprise. » Trésorerie retrouvée Le plan, étalé sur 15 ans, m’a permis d’avoir une période d’observation de 18 mois (créances gelées). Un temps de pause qui m’a permis de retrouver de la trésorerie. Les résultats techniques se sont améliorés. Début 2023, j’ai commencé à vendre des porcelets (nombre de sevrés supérieur à la capacité d’engraissement). Le bilan comptable, de cette période, était encourageant malgré l’augmentation des charges liée à la crise ukrainienne. La première échéance du plan de redressement, en avril 2023, a été honorée, sans problème. Les créanciers ont eu leur premier versement. Endroit neutre Il faut être mentalement fort pour aller au tribunal demander un redressement judiciaire. Paradoxalement, je m’y suis tout de suite senti à l’aise malgré le côté solennel. C’est un endroit neutre où il n’y a pas de jugement personnel. En fait, j’ai détesté la période…
Le redressement judiciaire, une bouée de sauvetage
Suite à un accident de la vie, François Dany, éleveur de porcs, a rencontré des difficultés financières sur son exploitation. Un redressement judiciaire lui a permis de refaire surface.