La FFPA (Fédération française des producteurs agrivoltaïques) a été créée en 2021 suite à un besoin d’agriculteurs réfléchissant à des projets. « Au sein de notre association, nous rassemblons aussi des développeurs, des énergéticiens, des avocats… Mais notre bureau ne comprend que des agriculteurs », souligne la présidente Audrey Juillac, installée dans le Lot-et-Garonne.
« Nous sommes présents auprès des décideurs politiques, dans la construction des lois. Notre objectif principal est que les agriculteurs soient acteurs dans la construction de cette nouvelle filière. Nous travaillons notamment sur le partage de la valeur liée à l’énergie produite et la contractualisation. » Plus localement, « nous souhaitons rassurer techniquement et juridiquement les agriculteurs et les autres acteurs. »
La FFPA estime le potentiel de déploiement à 100 000 ha, soit 0,1 % de la SAU française. « L’agrivoltaïsme restera marginal. Sur de très bonnes terres, ce sera moins opportun, mais pour ma ferme de maraîchage sur des terres sableuses par exemple, c’est intéressant. »
« Viser des projets sur 15 – 20 ha »
France Agrivoltaïsme est une 2e association rassemblant technologues, développeurs, agriculteurs notamment représentés par les coopératives, la Chambre d’agriculture et la FNSEA. « Il faut l’accord de tous pour décider d’orientations », précise Olivier Dauger, coprésident et administrateur FNSEA. « Si les toits et les zones non agricoles restent une priorité pour l’installation de photovoltaïque, les sols agricoles peuvent parfois aussi en accueillir. »
« La question de la rentabilité est posée. Les panneaux technologiques, mobiles en fonction de la météo, ont un coût de l’ordre de 1,5 million par hectare. Ils ne peuvent occuper que 35 % maximum de la surface. » Selon France Agrivoltaïsme, l’efficience économique se situe sur des projets de 8-12 MWc, sur 15-20 ha. « Nous prévoyons un potentiel de développement de 30 000 ha en 2030, 50 000 ha en 2050. »
2 000 à 3 000 €/ha
Soit les agriculteurs, les propriétaires fonciers investissent eux-mêmes, soit des partenaires se joignent à leur projet avec une contractualisation permettant une juste rémunération de tous. Aujourd’hui, le prix de la location de terres pour de l’agrivoltaïsme est compris entre 2 000 et 3 000 €/ha/an, à se partager entre l’agriculteur et le propriétaire.
Agnès Cussonneau