Aurélie Cheveau et Madeg Join-Lambert sont prêts à accueillir la floppée de veaux à naître dans les prochaines semaines. « La salle de traite a été fermée le 30 novembre », explique le couple qui pratique les vêlages groupés de printemps pour valoriser au maximum l’herbe. Une herbe pâturée qui représente 85 % de la ration des laitières.
Les laitières hivernent à l’extérieur
3 mois de tarissement en extérieur
Pendant les trois mois de tarissement, les laitières hivernent à l’extérieur (comme toutes les génisses), bien qu’ils disposent d’une stabulation avec logettes. « Le plein air permet des économies de travail et de mécanisation importante », explique Aurélie Cheveau. « Pendant un mois et demi, elles n’ont eu que de l’herbe pâturée », ajoute elle. Le reste du temps, les animaux étaient sur des parcelles de bale grazing ».
« Cette technique consiste à déposer des rounds sur la parcelle. Cet hiver, la densité était de 20 bottes de foin/ha. Les vaches avançaient tous les 2 jours », détaille Madeg Join-Lambert, citant le double atout de ce procédé : « Le gaspillage n’est que de 15-20 % et ce foin non consommé enrichit le sol en matière organique et en graines de graminées à l’emplacement de la botte ». Cette pratique favorise la régénération du couvert prairial – un effet bien visible dès l’hiver suivant – et améliore la fertilité.
Un parcellaire groupé
Dès le début de leur projet d’installation, Aurélie, originaire du Loir-et-Cher, et Madeg, de la région parisienne, avaient un objectif clair : mettre en place un système très pâturant en agriculture biologique. Ils ont donc recherché une ferme avec un parcellaire groupé, facilement accessible aux vaches. En 2018, ils ont trouvé à Querrien les 85 hectares qu’ils exploitent aujourd’hui, dont 75 d’un seul tenant à proximité des bâtiments d’élevage. « Nous avons trouvé notre ferme grâce à une annonce dans Paysan Breton », racontent les éleveurs.
Optimisation du travail
Très vite, la monotraite s’est imposée, accompagnée d’une transition vers la race Kiwi, qui a progressivement remplace les Holstein du troupeau repris aux cédants.
« Au-delà de mettre en place un système économe en intrants et en énergie, nous voulions un équilibre dans notre organisation de travail », explique Aurélie Cheveau. La conduite adoptée leur permet de dégager du temps libre. « Cela nous permet de nous occuper de nos 3 enfants, mais également de nous former, de prendre des congés et de nous investir à l’extérieur », précise elle.
Didier Le Du – Civam 29 : 02 98 81 43 94
Repères : SAU : 85 ha ; 76 VL en 2024 ; 260 000 L vendus (47 TB – 36 TP) ; Ration : 85 % herbe pâturée ; Zéro concentré ;Stocks consommés: 750 kg MS/UGB ; IA par l’éleveur : Jersiais et Frison néozélandais ; Primipares : vêlage 24 mois.
Déprimage
Cette année, il n’est pas encore facile de déprimer avec les fortes pluies depuis janvier. L’objectif est pourtant de créer le décalage des stades de maturité sur les différents paddocks pour ne pas se retrouver débordé par l’herbe au printemps et nettoyer les paddocks. Le déprimage favorise le tallage des graminées et fait de la lumière au trèfle. Il améliore également la pousse aussi bien en qualité et quantité et permet de réaliser la transition alimentaire des animaux.
Les astuces :
- Mise à l’herbe dès qu’il fait beau et que les sols portent (courant février)
- Plus la surface d’herbe/UGB est importante, plus il faut sortir tôt
- Les animaux doivent avoir faim en arrivant au champ (distribuer seulement du foin le matin, et réserver le maïs pour le soir) ;
- Faire pâturer ras (3/4 cm)
- Moduler la vitesse en variant la quantité de fourrage distribué
Zone séchante
Maxime Daguin – GAEC Maxopolo – Rannée (35) – 56 ha, 3 associé.e.s
Les 90 chèvres sont en bâtiment depuis décembre. Sur 40ha accessibles, il n’y a pas beaucoup d’herbe fin février et les parcelles ne portent pas. J’évite aussi de déplacer le troupeau avant les mises bas, prévues début mars. Les chèvres sont au foin, avec 200g de mélange céréalier (avoine, pois, féverole, triticale). Je vais l’augmenter à 300 g et ajouter du maïs épi déshydraté. Ce sera leur ration jusqu’au pic de lactation. Tout le lait est transformé par nos soins. Une vingtaine de vaches allaitantes dépriment actuellement les 20ha qui portent. Les chèvres y pâtureront après la mise bas. Les 20ha restants sont trop mouillés pour le pâturage.
Adage : 02 99 77 09 56
Zone intermédiaire
Coralie Gallais – Merléac (22)
Les vaches sortent au pâturage en journée depuis le 5 février. On a 57 vaches à la traite, de race Prim-Holstein avec quelques Montbéliardes et Normandes, qui produisent 16 L/VL/jour avec 46,1 de TB et 30,5 de TP. La ration à l’auge est de 5 kg de maïs ensilage et 5 kg d’enrubannage, le reste au pâturage. Nos terres portantes nous permettent de démarrer le déprimage dès début février. Ça marque un peu, mais les prairies s’en remettent. Il n’y a pas forcément beaucoup d’herbe car l’hiver a été froid, mais après 2 mois en bâtiment, ça fait du bien de voir sortir les vaches ! Prochaine étape, du fumier à épandre sur les prairies déjà pâturées.
Cédapa : 02 96 74 75 50
Zone séchante
Jean -François Bréhaut – Nostang (56)
J’ai commencé à déprimer fin janvier, j’ai sorti les vaches 2 à 3 jours. Puis, j’ai fait à nouveau 2 jours mi-février. Sur le secteur, il y a eu 292 mm de pluie depuis janvier. J’ai bien rasé les prairies en décembre, donc je ne suis pas en retard pour le déprimage. Avec les pluies régulières, il est difficile de trouver un créneau pour réaliser mes apports organiques. Au niveau des stocks, aucun problème car les rendements ont été excellents en 2024. J’ai 32 VL et 26 taries – la production est de 15 L/VL/j (TB 39 TP 30.5). Elles sont 100 % enrubannage et foin. Les taries ont un complément mélange minéral avec du chlorure de magnésium et sel de Guérande.
Civam AD 56 : 06 83 60 88 61