La pousse de l’herbe mesurée du 17 au 24 mars est en moyenne de 15 kg MS/ha/jour. La pluie a fait son retour en fin de semaine dernière. Avec des nuits désormais moins froides, la pousse devrait progresser cette semaine.
Avoir les bons repères dès le début de saison
Les bonnes conditions de portance des dernières semaines ont permis une bonne valorisation d’herbe lors du déprimage. Les hauteurs de sortie des fermes du réseau sont parfois très basses (2,5 cm pour certaines parcelles). Si un pâturage ras lors du déprimage permet de bien envisager la suite de la saison, attention à ne pas faire de surpâturage lors des cycles à venir. On cherchera une hauteur entrée de 8 cm minimum pour le deuxième cycle pour ne pas épuiser la plante. Pour cela,il sera parfois nécessaire de ralentir le rythme de rotation dans les paddocks, en ajustant au mieux la ration à l’auge, afin d’équilibrer le besoin du troupeau et l’offre en herbe. Pour les mêmes raisons, la sortie à l’herbe des vaches la nuit avec pour repère le changement d’heure, risque de devoir attendre un peu cette saison.
Pierre Bescou et Jean-Marc Seuret
En bref
• La fin de campagne laitière est le moment de faire le point sur les stocks avant de prévoir ses semis de maïs et d’éventuels achats de sécurité ;• Lancer les semis de prairies dès que les conditions d’entrée dans les parcelles le permettent.
« Pâturer en traite robotisée saturée, c’est possible »
Opinion – Kristell – 20 ares par vache, traite robotisée à Quéménéven (29)
Je suis productrice de lait et de porc à Quéménéven, dans le bassin du Porzay, installée après mes parents avec un salarié à plein temps. Je livre 700 000 litres de lait avec une stalle Delaval de 2009. Le troupeau se compose de 85 vaches Holstein. La SAU est de 108 ha, dont 60 ha de SFP, avec 28 ha de maïs ensilage. Nous disposons d’un bloc de 35 ha accessible autour du bâtiment. Pour maintenir une bonne productivité de nos pâtures essentiellement en RGA TB, elles sont ressemées tous les 5 ans, avec une rotation maïs/céréales. Les vaches disposent donc cette année d’environ 20 ares / VL avec une douzaine de paddocks de 2-3 j gérés au fil avant quotidien. Malgré plus de 70 vaches traites au robot, nous avons fait le choix de maintenir le pâturage sur notre exploitation pour maintenir une performance économique et environnementale. Les vaches sortent depuis début février. La ration fourragère actuelle se compose de 12 kg MS de maïs, 2 kg MS d’ensilage d’herbe, 1 kg MS de foin. La correction azotée se fait avec 2 kg/vache de soja à l’auge, et une complémentation individuelle au robot.
Zoom sur : Les premières fauches de printemps
Dès que les conditions le permettront, les premières faucheuses vont faire leur apparition dans les champs. Si les dérobées sont habituellement récoltées de manière précoce, il peut en être de même pour les parcelles de fauche de 3 à 5 ans. Pour des prairies à base de RGI ou de RGH, la première fauche se réalise au stade montaison de la graminée. L’épi est alors formé dans la base de la tige et le fourrage est constitué uniquement de feuilles jeunes. Ce stade est atteint entre le 20 mars et le15 avril selon le climat de l’année. Cette pratique permet un nettoyage précoce des parcelles en sortie d’hiver, permettant aux légumineuses (si présentes) de s’exprimer. On améliore aussi significativement la valeur azotée et énergétique des fourrages récoltés. Les essais conduits à la station expérimentale de Mauron de 2014 à 2018 montrent en moyenne des valeurs MAT de 16,6 % et UFL de 0,96 au 1er cycle d’exploitation. Si le rendement est plus faible lors de la 1re coupe, la qualité du fourrage récolté permet d’économiser du correcteur azoté.