« Dans un élevage porcin, 94 % des prélèvements d’eau sont liés à l’abreuvement des animaux. 52 % vont vers l’engraissement, 22 % pour la verraterie-gestante, 13 % pour le post-sevrage et 7 % pour la maternité. Les 6 % restants sont consommés pour le lavage, la brumisation et le lavage d’air », indique Yannick Ramonet, conseiller porc à la Chambre d’agriculture, lors de la journée technique qui s’est déroulée à Crécom le 7 mars. Une truie au Dac consomme en moyenne 8,2 L/jour, c’est 1,6 L lors du repas et 6,6 L à l’abreuvoir. « Derrière ces chiffres se cache une grande variabilité, entre les truies cela peut varier de 50 %. La variabilité pour une même truie d’un jour à l’autre peut être de 38 %. »
Des mesures ont été réalisées à la station expérimentale de Crécom qui est équipée d’un engraissement Dac et d’abreuvoir connecté. « Le nombre de passages moyen à l’abreuvoir est de 20,7 avec une variabilité de 7 à 45 fois par jour. 19 % des passages se font sans consommation d’eau. La quantité moyenne d’eau prélevée par porc est de 3,9 L/jour, elle varie entre 2 L et près de 9 L selon les individus. Le prélèvement est plus élevé à la pipette qu’au bol », note Yannick Ramonet.
Consommation stable avec la soupe
Un essai réalisé à Crécom montre que la consommation d’eau en plus de la soupe ne varie pas entre l’été et l’hiver. La consommation moyenne sur une bande l’hiver était de 0,9 L/porc/jour et de 0,99 L/porc/jour l’été.
« Il existe des recommandations sur l’installation des équipements d’abreuvement mais des dérives sont fréquemment constatées dans les élevages. On trouve des débits qui dépassent de 2 à 6 fois les recommandations. Le risque est que l’eau ne soit pas bue et gaspillée. L’eau prélevée et non ingérée représente entre 23 et 80 % de l’eau écoulée en fonction du débit. Certaines installations sont à repenser pour éviter la compétition à l’abreuvoir. »
Le bol plus adapté que la pipette
Le comportement naturel du porc est de boire l’eau en la lapant. Le bol est donc plus adapté que la pipette mais il possède la contrainte d’être plus facilement souillé.
Nicolas Goualan
Dilution de la soupe
Le taux de dilution moyen de la soupe est de 2,7 L/kg pour les charcutiers et de 4,4 L kg pour les truies gestantes. L’apport en eau par la soupe est de 7 à 8 L pour les charcutiers et de 11 à 14 L pour les truies. Le taux de dilution se fait en fonction des animaux, de la température et des contraintes mécaniques liées à la rétention en eau des matières premières, du type de pompe et du circuit de distribution.