« Les veaux laitiers issus des élevages bio partent la plupart du temps en filière conventionnelle et bien souvent à l’export. Nous nous interrogions sur cette incohérence alors que les filières sont en demande de viande », souligne Éric Guihery, éleveur laitier bio faisant partie du groupe rassemblant une quinzaine d’éleveurs.
Valoriser les bovins en filières bio
Lors du salon ‘La Terre est notre métier’ fin septembre, il a présenté le projet qui vise à « caractériser les pratiques d’élevage possibles pour engraisser ces animaux, d’acquérir des repères techniques et d’évaluer la pertinence économique. L’objectif est aussi d’améliorer la valorisation en bio de ces animaux, en filière longue et courte. »
acquérir des repères techniques et économiques
Le groupe travaille sur deux filières : des veaux de lait abattus à 6 – 8 mois et des animaux adultes de 24 à 30 -36 mois, élevés sous des vaches nourrices puis dans des systèmes herbagers (pâturage, foin et céréales). Plusieurs organisations ont été testées, soit un élevage des veaux entièrement sur la ferme de naissance, soit une vente des animaux à un éleveur qui gère l’allaitement et/ou l’engraissement. « Des partenariats sont mis en place sur les prix, le sanitaire, la période d’adoption. »
1 kg de GMQ avec 3 veaux sous la mère
Aujourd’hui, la plupart des éleveurs laitiers naisseurs réalisent l’adoption. « Cela peut prendre 15 secondes comme 5 jours. Nous travaillons par ailleurs sur des croisements. Les races Inra 95 ou angus offrent notamment de la précocité appréciée par les engraisseurs. »
L’expérimentation a concerné 124 veaux en 4 ans, avec des adoptions faites à 5,3 mois de lactation en moyenne. Elle a montré de bonnes croissances sous les mères : autour de 1 kg de GMQ avec 3 veaux à nourrir, quelle que soit la race. « Généralement, les nourrices, après le 1er sevrage, reprennent 2 veaux pendant 6 mois puis, soit revêlent pour élever à nouveau 3 puis 2 veaux, soit sont réformées. Élever 5 veaux sur un an est par contre un peu trop fatigant pour les nourrices, mieux vaut retarder les vêlages de 2 à 6 mois. » Le volet technique va être renforcé autour de la finition notamment.
Autre travail, une enquête qualitative a permis de mettre en évidence l’intérêt de l’aval pour ce type de viande. Certains opérateurs ne font pas de distinction entre races à viande et laitières.
Agnès Cussonneau
Communiquer sur cette offre nouvelle
Selon les enquêtés, la communication sur ce type d’animaux laitiers est primordiale, pouvant mettre en avant « la cohérence du système, l’amélioration de l’impact environnemental. » Travailler les marchés publics via Égalim et s’engager dans le temps avec une contractualisation, des prix garantis, une régularité des bovins sont d’autres voies.