FCO, je vaccine ou pas ?

L’impasse sur la vaccination engendre des conséquences bien plus fortes que quelques avortements suite à l’injection du vaccin. Il reste du temps avant la mise en lutte pour organiser le chantier.

Béliers dans un enclos - Illustration FCO, je vaccine ou pas ?
Les béliers, sensibles à la FCO, peuvent subir une infertilité temporaire ou définitive. | © Paysan Breton T. Dagorn

« Je vous conseille vivement de vacciner vos ovins contre la FCO, et tout particulièrement vos reproducteurs », conseille Valérie Wolgust, docteur vétérinaire à Maison Alfort et experte Inn’ovin, intervenant à une journée dédiée sur l’immunité organisée par la GIE Élevages de Bretagne et ses partenaires, le 25 mars. « Vous avez encore le temps de positionner la vaccination à la fois avant la mise à la lutte et avant la reprise de l’activité vectorielle, vers la fin du printemps, d’autant plus qu’on bénéficie d’une seule injection en ovin. »

Lutter contre le vecteur est illusoire

« Et même en situation d’urgence, la question ne se pose plus : on vaccine tout le monde ! Si quelques brebis peuvent couler suite à la vaccination, l’impact sera moins important que si on fait l’impasse sur le vaccin », avertit-elle au regard des conséquences observées avec le sérotype 8 dans le sud de la France et le sérotype 3 dans le nord.

Le moucheron passera sur tout le territoire

« Il faut s’occuper de ces deux sérotypes 3 et 8. Ce qui est sûr, c’est que le moucheron passera sur tout le territoire. » Alors, autant prévenir que subir. Le sérotype 12, présent aux Pays-Bas viendra plus tard…

Le moucheron n’a qu’une autonomie de mouvement de 200 à 300 mètres. Mais avec l’absence de zones réglementées pour la circulation des animaux sur tout l’Hexagone, il fait de grand bond… « Lutter contre le vecteur, c’est illusoire. Utiliser un antiparasitaire, ne résout aucun problème. Désinsectiser le troupeau, c’est possible pour réduire la population de moucherons responsable de la transmission de la maladie, mais il faut le répéter tous les 10 à 12 jours. Le meilleur outil reste le vaccin. »

Maîtrise des autres facteurs de risque

La vaccination n’est pas un médicament comme un autre, c’est le plus fragile de tous les médicaments de la pharmacopée. Mais « il a l’avantage de travailler sur la mémoire immunitaire pour que l’organisme des animaux reconnaisse le pathogène lorsqu’il se présente, pour qu’il puisse se défendre naturellement. »

« Et ce n’est pas parce qu’on vaccine qu’on peut s’affranchir de la maîtrise des autres facteurs de risque (alimentation, hygiène…). C’est un outil en plus. » Des animaux en bonne santé, en bon état corporel, bien rationnés, logeant dans un environnement sain, seront plus résistants face à tout pathogène rencontré.

Carole David

Précommandez dès à présent les vaccins

La seule limitante est la disponibilité des vaccins. « Exigez des précommandes fermes auprès de vos vétérinaires, les laboratoires ne lancent les fabrications qu’au fur et à mesure de l’arrivée des commandes », mentionne Valérie Wolgust.La vaccination est dorénavant réalisée par l’éleveur.Il est important de bien organiser le chantier, pour optimiser l’investissement, et « de bien effectuer des injections sous-cutanées avec les deux mains (plisser la peau de l’animal entre les doigts) ».


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