Jusqu’en 2016, les œufs cage (code 3) étaient majoritairement présents dans les grandes surfaces. Depuis, la part de marché des œufs alternatifs ne fait que progresser pour dépasser le seuil de 80 % en 2024. Dans un premier temps, ce sont les œufs plein air (code 1) qui ont pris le relais, ils représentent 40 % des œufs en rayon en 2024. Les œufs au sol ou en volière (code 2) voient aujourd’hui leur présence augmenter et atteignent 19 % de part de marché. Les œufs bio (code 0) et Label (code 1) évoluent peu avec respectivement 11 % et 5 % de part de marché.
En 2024, les œufs alternatifs dominent le marché
Aujourd’hui, c’est 70 % du cheptel national qui est élevé en mode alternatif (versus 96 % en Allemagne et 85 % aux Pays-Bas). Néanmoins, la France est le pays européen détenant le plus grand nombre de poules ayant accès à l’extérieur soit 31 % du cheptel plein air et bio dans l’UE. Les autres pays ayant plutôt orienté leur production vers du code 2.
L’auto-approvi- sionnement atteint
Courant 2022, suite à la crise sanitaire de grippe aviaire, la production avait chuté de 8 %, entraînant la baisse du taux d’auto-approvisionnement (97 %). En 2024, la production a retrouvé un niveau proche de la moyenne des années avant crise, replaçant la France sur la première marche du podium des producteurs européens. Le taux d’auto-approvisionnement devrait ainsi flirter avec les 100 %.
Tension sur la disponibilité des œufs au niveau mondial
Plusieurs raisons expliquent ce phénomène au-delà de la consommation record. En France, il n’y a pas eu d’effet grippe aviaire récemment grâce à la vaccination en place. En revanche, certains pays comme la Pologne ont été fortement impactés. Sans parler des États-Unis où 30 millions de poules ont été abattues depuis janvier 2025. Un autre élément d’explication est l’évolution vers les modes alternatifs : la capacité de production d’un bâtiment peut diminuer de 20 % suite au passage en production au sol. Or l’Espagne, 2e pays producteur européen avec encore 67 % des œufs produits en cage, est actuellement en pleine conversion.
La situation conjoncturelle favorable donne des perspectives plutôt positives pour les éleveurs. Il est d’ailleurs à noter une reprise des projets de transformation des bâtiments vers les modes d’élevage alternatifs.
Anne-Cécile Mottais / Cerfrance Bretagne
Financement de l’ovosexage : où en est-on ?
Depuis janvier 2023, la mise à mort des poussins mâles est interdite.Un accord interprofessionnel a été établi afin que le coût généré ne revienne pas à la charge des éleveurs mais aux distributeurs, GMS uniquement jusqu’à février 2025.Cet hiver, suite aux revendications de ces derniers, la contribution a été élargie à l’ensemble des circuits de distribution d’œufs coquille.La mise en œuvre de cette évolution doit avoir lieu début avril.