La vanille bretonne est au point

Prince de Bretagne a commencé la commercialisation de ses gousses de vanille. Un produit haut de gamme qui demande de la technicité de la part des producteurs.

Fleur de vanille - Illustration La vanille bretonne est au point
La fleur de vanille est délicate. | © Paysan Breton - F. Paranthoën

Plus besoin de se rendre aux antipodes pour trouver des producteurs de gousse de vanille. Dans les Côtes-d’Armor, ils sont 3 à s’être lancés dans la culture de cette orchidée odorante, qui se développe sous la forme d’une liane. « Entre la fécondation des fleurs et la vente des gousses, il s’écoule environ 18 mois », prévient Hervé Gorieu, producteur de Paimpol (22). Patience donc, mais aussi réactivité en début de culture : quand une fleur s’ouvre le matin, « et si elle n’est pas fécondée, elle mourra l’après-midi. La pollinisation doit absolument se faire dans la matinée ». Pendant 2 mois, le maraîcher embauche 14 personnes pour réaliser cette fécondation délicate et pour être présent au moment opportun.

La fleur doit être fécondée le jour de son ouverture

Quatre sites accueillent la variété Planifolia, chez 3 Costarmoricains et à la station de recherche Terre d’Essais de Pleumeur-Gautier (22). Sur cette station, il y a 2 semaines, les pollinisateurs (humains) se sont armés de cure-dents pour féconder les pistils. Un petit clapet végétal empêche le pollen de tomber sur cet organe femelle, il faut donc légèrement forcer les choses. Une fois le pollen déposé, l’opérateur appuie sur la fleur pour un bon contact. L’orchidée « est peu gourmande en eau, elle est irriguée au goutte-à-goutte. C’est une plante qui vit dans les sous-bois et qui se contente de peu », note Pierre Guyomar, maraîcher également président de la section vanille Prince de Bretagne.

Un partenariat avec la Réunion

Chaque fleur fécondée donne une gousse, chaque plant donne entre 120 et 150 gousses. Après récolte, la vanille est successivement échaudée, étuvée, séchée puis affinée dans des malles en bois jusqu’à maturité. Cette dernière phase dure entre 8 et 9 mois, avec une surveillance régulière pour retirer les éventuels éléments moisis. Une fois calibrée et triée, la vanille peut être vendue en tubes de verre ou en bottes.

Chez Hervé Gorieu, la vanille cohabite avec les tomates, mais les deux cultures sont séparées. Il a planté ses premières vanilles « en 2021, ma 1re récolte a été réalisée en novembre dernier ». L’aventure de cette nouvelle culture a commencé en partenariat avec des producteurs réunionnais ; les Bretons ont fait venir des plants de culture in vitro sains pour le démarrage. Les Bretons sont à ce jour les seuls producteurs capables de commercialiser à grande échelle en France métropolitaine.

Fanch Paranthoën

3 ans pour une fleur

La culture se plaît dans un substrat de fibre de coco, « à une température de 20 °C pour 75 à 80 % d’hygrométrie. Les fleurs n’apparaissent qu’au bout de 3 ans », détaille Hervé Gorieu. Son exploitation est équipée de double écran thermique pour garder la chaleur, aussi la vanille « aime l’ombre ». Les maraîchers visent un marché haut de gamme avec des gousses riches en vanilline.


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