Depuis sept ans, le Gaec Corbic est équipé d’une presse à balles rondes et d’une enrubanneuse. « Notre presse était amortie et vieillissante. Nous nous posions la question de la renouveler », raconte Stéphane Corbic. Avant de changer d’idée : « Finalement, nous avons décidé de conserver notre presse et de la préserver en l’utilisant exclusivement pour la paille et le foin. En parallèle, nous avons revendu l’ancienne enrubanneuse pour acheter un combiné d’occasion. » Les trois associés ont investi autour de 60 000 € dans cet outil (McHale Fusion 3) qui appartenait auparavant à une entreprise de travaux agricoles et revendu par la concession Gabillet à Pontivy (56).
Nous aimons mener les chantiers
nous-mêmes
« C’est un matériel qui a 5 ans et 17 000 bottes réalisées au compteur. » L’engin a été livré début mars et sa première sortie approche. « Il faudra un peu plus de puissance pour le tirer. Probablement un tracteur autour de 180 CV », prévoit l’éleveur.
L’herbe vite sous film
« Même si la main-d’œuvre disponible en élevage laitier est toujours une vraie question, excepté pour l’ensilage, nous aimons mener les chantiers au champ par nous-mêmes », explique Stéphane Corbic. En étant autonomes sur la récolte, les associés sont réactifs pour « ramasser la meilleure qualité d’herbe possible » au printemps notamment. Cela concerne les surfaces en dérobé RGI – trèfle incarnat cultivées avant maïs, ainsi que des prairies jeunes implantées en RGA – trèfle blanc qui ont leur place dans la rotation. « Quand on enrubanne, on voit bien que la fermentation est en cours puisque les bottes se mettent aussitôt à gonfler. » Désormais, grâce au combiné, il n’y aura plus aucun délai entre le pressage et la mise sous film. « Cela devrait jouer en faveur de la conservation, de l’appétence et de la qualité nutritionnelle du fourrage. »
Souplesse d’organisation des chantiers
Le combiné va aussi apporter de la souplesse dans l’organisation du travail : « Sur les coupes les plus vertes justement, nous intervenions systématiquement à deux pour réduire l’intervalle pressage – enrubannage. Les chantiers vont désormais réclamer un tracteur et surtout un chauffeur de moins. » Dans la pratique, Stéphane Corbic imagine plutôt que le deuxième intervenant puisse à l’avenir commencer tout de suite à ramasser les bottes pour les ramener à proximité des bâtiments d’élevage.
Toma Dagorn
1 500 bottes d’enrubanné par an
Les associés réalisent 1 500 bottes d’herbe enrubannée par an. « Nous trouvons cette approche pratique pour préparer la ration. Les animaux en production ingèrent ainsi toujours une herbe de qualité issue des meilleures coupes. Et puis, côté travail, il n’y a pas de front d’attaque de silo à gérer », explique Stéphane Corbic. Au Gaec, on compte deux bottes consommées par jour pour préparer le mélange quotidien distribué en deux fois à l’auge aux 150 laitières à la traite. « Comme les vaches ne sortent plus pâturer depuis l’installation des robots en janvier 2024, nous avons augmenté un peu la part d’herbe enrubannée dans le régime. » L’autre partie du stock est consommée par les génisses.