« Nous allons vers une augmentation du risque lié aux coups de chaleur avec le changement climatique », lance Yann Guyot, de l’Itavi, en introduction de la dernière édition de la session volaille de chair. Le stress thermique induit une incapacité pour les animaux de réguler leur température corporelle. Cela génère de l’inconfort, une diminution de la consommation, une baisse du gain de poids et un taux de mortalité accru. « Il en découle des baisses de performances et une dégradation du bien-être animal. » Le coup de chaleur arrive lors de températures élevées, un fort taux d’humidité, une absence de vitesse d’air (particulièrement en ventilation statique), un fort rayonnement solaire. Le phénomène s’amplifie si cela dure plusieurs jours de suite.
La brumisation fait baisser la température
Des projections par région
Les projections donnent une augmentation de la température en France de + 4° C en 2100. Le portail Drias, mis en œuvre par Météo-France en lien avec la communauté scientifique nationale du climat met à disposition les projections climatiques régionalisées de référence. « L’objectif est de transformer ces projections régionalisées en risques futurs de stress thermique via la quantification du nombre de jours à THI élevé. L’index THI qui associe les mesures de température et d’humidité permet de situer le niveau de risque de coup de chaleur pour les volailles. »
Baisser la densité
En productions standards, lorsque les volailles n’ont pas accès à l’extérieur, une bonne gestion de l’ambiance du bâtiment (température, humidité et vitesse d’air) peut aider à réduire la température et rafraîchir les animaux. « Un modèle thermodynamique est nécessaire pour extrapoler les conditions météorologiques extérieures en THI intérieur. En cas de forte chaleur, la ventilation est à son maximum. La brumisation fait baisser la température mais augmente l’humidité. Malgré tout, il y aura peu de variations de température pendant l’épisode de forte chaleur. » Les leviers d’adaptation sont la baisse de la densité sur les périodes à risque de l’ordre de – 20 % pour la Bretagne et l’augmentation du taux de brumisation. « Les simulations permettent d’estimer le risque futur de stress thermique causé par le réchauffement climatique. Maintenant, nous devons évaluer les stratégies d’adaptation en fonction des aspects économiques (baisse de densité) et de la rareté éventuelle de la ressource en eau (augmentation de la brumisation). »
Nicolas Goualan
Les travaux à venir
Les relations entre le stress thermique et les pertes économiques doivent être construites. L’outil d’évaluation va pouvoir intégrer différentes espèces en fonction des régions. Une application web est en cours de développement. Des essais sont en cours sur des leviers d’adaptation différents (refroidissement de l’eau de boisson, gestion de l’alimentation). Différentes solutions de refroidissement sont évaluées comme le pad cooling, le brassage…