Une alimentation pas chère, tous perdants ?

Selon une étude* présentée à l’assemblée générale du Gab 56, le système alimentaire vit sous perfusion d’argent public, pour des résultats éloignés des objectifs initiaux.

Assemblée de personnes dans une salle - Illustration Une alimentation pas chère, tous perdants ?
L’assemblée générale du Gab 56 s’est tenue à Moréac, le 12 mars.

« Le système alimentaire français a généré en 2021 plus de 358 milliards d’euros de chiffre d’affaires et engendre 2,8 millions d’emplois équivalent temps plein », indique en préambule Christophe Alliot, du bureau d’études Basic. Avec l’objectif, affirmé depuis plusieurs décennies, d’offrir une nourriture accessible à l’ensemble de la population française. Au-delà de la réputation de sa gastronomie, régulièrement mise en avant par les institutions, « le système alimentaire français s’accompagne dans son fonctionnement de multiples impacts négatifs : sous-rémunération d’une majorité d’agriculteurs et agricultrices, précarité des employés de l’industrie agroalimentaire et de la distribution, effets néfastes sur l’environnement et sur la santé de la population, avec l’explosion de l’obésité et du diabète ». Nous payons trois fois notre alimentation Concentration maximale La concentration croissante du secteur à des maillons clés (fourniture d’intrants, transformation, distribution), confère un fort pouvoir de négociation à un nombre réduit d’opérateurs. « Ces acteurs ont créé un modèle économique qui s’appuie sur des matières premières indifférenciées, une concurrence par les prix et le marketing. En France, ce modèle représente 92 % de la valeur des ventes de produits alimentaires. Il pressurise systématiquement le maillon agricole ». À l’opposé d’un système qui part de la base et qui permet au producteur de valoriser son travail en fixant un prix mais qui ne représente que peu de volumes (bio, AOP, ventes à la ferme…). Soutien financier à un modèle peu vertueux Les impacts négatifs d’une telle politique sont nombreux et « largement sous-estimés : les pouvoirs publics ont dépensé 19,1 milliards d’euros en 2021 pour tenter d’atténuer les impacts écologiques du système alimentaire dont une majeure partie pour la santé ». Il convient d’ajouter, selon l’étude : « 48,4 milliards d’euros d’exonération sociales et fiscales, de contributions des collectivités territoriales, de subventions de l’État…, alloués pour soutenir…

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